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Edito du Lundi 02 Avril 2007 : Alain Suguenot
»Pour une consommation modérée du vin ! »
Je suis particulièrement fier et heureux de la récente prise de position de Nicolas SARKOZY en faveur de la publicité pour le vin. En tant que Président du Groupe d’études viticoles de l’Assemblée nationale, et élu d’une terre viticole, je m’efforce de défendre le vin et de répéter l’importance culturelle de ce produit de nos terroirs. Le vin est devenu malgré lui un symbole des méfaits d’une consommation abusive, alors même que les enquêtes auprès des consommateurs réalisées par les organismes professionnels viticoles relèvent toutes comme un phénomène majeur la diversification importante des modes de consommation.
Le vin doit cesser d’être le symbole culturel de l’alcoolisme. Ce lieu commun malheureux, vision caricaturale de la consommation de vin, est de moins en moins avéré. Il faut éviter que la politique de santé publique ne vienne s’échouer sur l’écueil du prohibitionniste, une vision simpliste qui se concentrerait inutilement sur un produit tel que le vin, mais ne ferait en réalité que déplacer les dépendances vers d’autres produits.
Il y a un intérêt fort à associer l’ensemble du monde de la viticulture à la lutte contre l’alcoolisme. C’est un des objectifs du groupe d’études parlementaires sur la viticulture.
La lutte contre l’alcoolisme ne doit pas occulter les autres effets sur la santé de la consommation de vin. Le débat sur la santé est vif et passionné. Il y a intérêt à considérer le vin dans l'ensemble de ses composantes, depuis sa composition biochimique jusqu'à ses modes de consommation, afin d'essayer de mesurer de manière globale ses effets sur la santé et définir les modes de communication les plus adaptés.
Le vin, objet de culture
Le vin apparaît, aux yeux de nos compatriotes ainsi qu’à l’étranger, comme un élément consubstantiel de l’identité française. Il existe actuellement en France un rapport patrimonial et culturel par rapport à l’alimentation en général, qui se développe autour des valeurs de terroirs et d’origine. Dans le monde viticole, la division est aujourd’hui nette sur le plan international entre les pays qui accordent la primauté à l’origine et ceux qui veulent avoir la liberté de vendre de la marque ou du cépage.
Le vin, enjeu territorial
Les parlementaires du groupe d’études sont à l’origine de plusieurs amendements à la loi sur le développement des territoires ruraux visant à améliorer le dispositif législatif relatif à la protection des terroirs.
Les amendements présentés et adoptés font obligation aux autorités compétentes de motiver les décisions d’aménagement de l’espace portant atteintes aux aires d’appellation. Ces autorités (préfets ou maires) devront motiver leur refus de suivre un avis défavorable du ministère de l’agriculture à l’encontre d’un projet d’aménagement du sol ou du sous-sol touchant une zone d’appellation d’origine.
Puis, lors de la deuxième lecture de ce texte, j’ai fait adopter un amendement qui permet la publicité collective du vin, drastiquement réduite par la loi Evin de 1991. Cet amendement est capital car il permet à la publicité de comporter des références et représentations relatives aux spécificités qualitatives du produit.
La baisse des ventes de vins en France est en effet régulière depuis plusieurs années. La consommation dans les restaurants est en chute de 15 à 20. A l'exportation, avec un euro trop élevé face au dollar, la situation est encore plus inquiétante : en 2003, les exportations de vins d'appellation sont en baisse de près de 9 %. Face à ce basculement, structurel autant que conjoncturel, amorcé depuis plusieurs années et accentué avec le ralentissement général de l'après-11 septembre 2001, la filière du vin se voit aujourd'hui pénalisée par le discours contre la consommation excessive d'alcool et les dérives du caractère prohibitionniste de la loi Evin.
Il s’agissait ainsi d’agir, ce qui a été fait, et les modifications proposées par cet amendement ont pour vocation d'encadrer et de prendre en considération la publicité collective et ses spécificités, sans pour autant remettre en cause les principes encadrant la publicité pour les boissons alcoolisées.
Nicolas SARKOZY a donc eu tout à fait raison de prendre une position claire et précise en faveur d’une publicité sur une consommation modérée du vin et d’apporter cette précision essentielle que le vin n’est assimilable ni au tabac ou à la drogue, ne serait-ce que par la qualité, toujours plus grande, de ce produit.
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